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Leçon de cinéma #4 : Amsterdam Global Village, par Thierry Odeyn

6 avril 2019, 10h30

CYCLE 2018/2019
Par Thierry Odeyn, réalisateur et professeur de cinéma documentaire.

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« Le cinéma direct n’existe que par la grâce du tournage, pas du montage. On regarde, mais on ne coupe pas. On est présent. Ce qui est saisi, c’est une présence, et rien d’autre : on était là, on est là. Quelque chose se passe et nous y assistons, quelque chose se passe parce que nous y assistons. Et cela suffit pour créer un élément de tension, de confrontation : il ne s’agit pas seulement de suivre et de retenir les événements mais aussi de se laisser provoquer et interpeller par ce qui se passe. Il est essentiel d’être réceptif à la tension de ce hasard provoqué. Cinéma direct : la vérité de notre propre corps au milieu de ce qui est mis en mouvement autour de nous. Le direct au cinéma : le corps et la caméra se confondent le temps de la prise de vue, tant qu’on est en phase avec l’imprévisible qu’on a soi même déclenché.

Pour Amsterdam Global Village, j’ai voulu avouer le direct, y aller et la forme est venue ensuite, la structure de base. Cette structure a été le grand cercle des canaux d’Amsterdam, et j’ai imaginé le film comme un long voyage à travers les 4 saisons, suivant cette forme circulaire, où se font des rencontres avec des personnages, des événements. Et parfois la rencontre fait naître des tourbillons qui vous éjectent vers un nouveau voyage.

Ce qui m’a incité à faire ce film a été mon arrivée en bicyclette dans un quartier d’Amsterdam que je connaissais peu. J’ai eu le sentiment d’entrer dans un autre monde à 10 minutes de chez moi. Cela m’était bien plus étranger que la vie étrange des terres lointaines. Là bas, j’étais surtout le voyageur qui essaye honnêtement d’avoir présent à l’esprit ce qui unit les hommes au delà de leurs différences. Alors qu’ici, en pénétrant dans un quartier moins connu, peuplé de cultures, de sous cultures, de bandes, j’ai parfois été gagné par un sentiment de déracinement. Et j’ai su qu’il me fallait précisément filmer à Amsterdam ce monde qui tourne en une ronde folle, pour essayer de transposer ici, précisément, l’inconnu dans le familier. En effet, si je ne suis pas ici un citoyen du monde, je ne le serai nulle part ailleurs »
(Johan VAN DER KEUKEN).

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Durée : 2h30
Réservations : www.cinema-aventure.be
Tarifs : 6,5 / 5

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Présentation des séances avec Thierry Odeyn :

Leçon #1 : Cinéma direct et Cinéma Vérité
Leçon #2 : Portrait of Jason
Leçon #3 : Johan VAN DER KEUKEN, la période Bolex
Leçon #5 : Filmer l’ennemi