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Regards sur le Travail - Edition 02 4 mai 2000 - 7 mai 2000

Le travail révélé – Image documentaire et réalités professionnelles

Quatre journées, une au Musée du Cinéma et trois au Cinéma Nova, de films documentaires, souvent rares ou inédits en Belgique, de débats et de rencontres avec des réalisateurs, des spécialistes et des gens de terrain autour du travail et de ses représentations.

Pour le dépliant Regards sur le travail 2000 cliquez ici :

Programme "Regards sur le travail" - 2000
  Regards sur le Travail - Edition 02 Regards sur le Travail - Edition 02

Manifestation pour Tayenne

Pendant le weekend du 9 juillet 1932 lors de la grand grève, la gendarmerie abat un jeune ouvrier du nom de Louis Tayenne.
Tourné en 16mm, en 1933 par Van Ommeslaeghe et Jean Fonteyne, qui avaient participé à la réalisation de Misère au Borinage. Manifestation pour Tayenne est le premier documentaire social de l’histoire du cinéma. Il montre la manifestation organisée par le Secours Rouge pour le premier anniversaire de la mort de Louis Tayenne, d’abord sur les lieu du drame et puis au cimetière.

Autour du Borinage

Jean Fonteyne , BE, 1934

L’avocat Jean Fonteyne, en sa qualité de membre actif du Secours Rouge lnternational visitait régulièrement la région minière hennuyère, non seulement pour assurer une aide juridique aux travailleurs dans le besoin, mais également pour porter témoignage de leurs conditions de vie. Fonteyne rédigea plusieurs rapports écrits de ces visites mais dans certains cas il réalisa même des enregistrements filmés grâce à sa caméra 16 mm. Les différentes prises de vue issues de ces contacts furent ensuite rassemblées par Fonteyne en un film au titre provisoire de Autour de Borinage. Les prises de vue datent de la période allant de 1933 à 1936, et illustrent les méthodes de travail de Ivens et Storck au cours du tournage de leur film Borinage, jusque et y compris la grève couronnée de succès dont la classe ouvrière allait retirer des avantages notoires. Le film montre Ivens et Storck à l’œuvre, et l’on peut entre autre y admirer le talent pédagogique d’Ivens lorsqu’il apprend le salut du Front Rouge au plus jeune fils de la famille Cage. Les prises de vue de Fonteyne reprennent encore la visite d’André Gide et d’Yves AlIégret en février 1935, ainsi que les barricades érigées par les travailleurs lors de la grève de 1936.

Combattre pour nos droits

Frans Buyens, Belgique, 1962

Une chronique de la grève générale de l’hiver 60-61. Un million de travailleurs (plus de la moitié de la population active) descendent dans la rue et manifestent contre la loi unique. Buyens, qui se trouvait à l’étranger, rentre dare-dare, va tous les jours aux piquets de grève, mais a du mal à trouver des caméramen, car tous se faisaient agresser. En effet, la RTB tentait de minimiser les événements, alors qu’à l’étranger on parlait déjà de la "grève du siècle". Il parvient cependant à filmer à la sauvette et passe plus de six mois à recueillir des documents exceptionnels. Certains avaient déjà été détruits...

On vous parle de Prague : Le deuxième procès d’Artur London

Chris Marker, France, 1970

Entièrement filmé sur le tournage de L’aveu, adaptation cinématographique du livre-témoignage d’Artur London, victime des procès de Prague, ce film montre l’équipe du film au travail. Avec Marker, chacun s’interroge : ”doit-on toujours dire la vérité, même si elle apporte de l’eau au moulin de l’adversaire” ? Il interviewe techniciens, acteurs (Montand, Signoret), réalisateur (Costa Gavras), scénariste (Jorge Semprun) et Artur London lui-même, dont l’arrivée sur le plateau confronte la réalité et sa reconstitution cinématographique. ISKRA

La solitude du chanteur de fond

Chris Marker, FR, 1974

Fin 1973, Yves Montand, qui n’a pratiquement plus chanté sur scène depuis près de 10 ans, décide de réagir à la prise du pouvoir chilien par le général Pinochet en remontant sur scène pour un concert unique. Ce documentaire de 60 minutes, filmé par Pierre Lhomme, suit le travail de préparation du chanteur, notamment avec son pianiste Bob Castella, et présente des extraits de sa prestation qui a lieu en février 1974. Il y chante notamment Le Temps des cerises.

Le titre fait écho au film anglais La Solitude du coureur de fond (The Loneliness of the Long Distance Runner) de Tony Richardson en 1962.

Bloc-notes d’un cinéaste

(Block-notes di un regista)
Federico Fellini, IT, 1969

Dans ce documentaire tourné pour la chaîne de télévision NBC, Fellini évoque, au milieu des ruines du décor, le tournage interrompu de son film Le Voyage de G. Mastorna avec Marcello Mastroianni dans le rôle principal, puis la préparation de Federico Fellini-Satyricon.

Demain est un autre jour

"Demain est un autre jour" dresse le portrait de 5 jeunes familles à La Docherie. À travers leur vie quotidienne, leurs problèmes, leur vécu, le film veut analyser les causes et les résultats d’une crise économique majeure dans une région défavorisée. Ce film veut aller plus loin dans la quête pour trouver des réponses : pourquoi toute une région peut être oubliée. "Demain est un autre jour" est un film d’urgence, de combat et de réflexion.

La rivière des galets

Sylvaine Dampierre, FR, 2000

Un jardin d’insertion à l’île de la Réunion : les stagiaires qui vont passer un an au jardin vont tenter de construire, en retrouvant le chemin de la terre, un nouvel enracinement. Dans ce département français de l’océan Indien qui compte plus de 40 % de chômeurs, s’inventent d’autres mode d’intégration, de production et d’échanges. Exclus de la marche économique mais encore profondément liés à leur terre, c’est pour se réenraciner avant même que de se réinsérer, que les stagiaires viennent au jardin.
Situé aux confins d’une agglomération aux allures de banlieue, au cœur d’un paysage destructuré par une mutation trop rapide, le jardin est notre point de départ. Avec ses occupants, nous remontons le cours de la rivière des galets vers les terres des origines, inversant le parcours qui attira les habitants des Hauts vers la plaine et ses promesses de travail, pour les conduire à l’impasse du chômage et de son "traitement social" comme seule réponse.

Coûte que coûte

Claire Simon, France, 1995

Lorsque l’histoire commence, Jihad vient de monter une petite boîte de plats cuisinés, dans la zone industrielle de Saint-Laurent-du-Var, à coté de Nice. Ca fait six mois qu’il produit et vend aux grandes surfaces des farcis niçois, de la paella, du poulet basquaise, des bricks, mais il a déjà dû licencier du personnel... Les employés qui restent : Fahid, Toufik, Madanni (les cuisiniers), Marouan (le livreur) et Gisèle (la secrétaire, emballeuse, étiqueteuse) s’adaptent à l’adversité, car ils veulent tous la réussite de la boîte. Parce que c’est la leur, et qu’elle est devenue un peu leur patrie du moment.

Prix Louis Marcorelles Paris 1995, Prix spécial du jury Montréal 1995, Grand prix du documentaire Postdam 1995, Mention spéciale du jury au Prix Europa 1995.

En cas d’urgence

(En cas d'urgence)

Le service des urgences de l’Hôpital de Poissy est un condensé des douleurs et des malheurs dont tout un chacun peut souffrir à un moment ou à un autre. Petits bobos, réelles inquiétudes, vraies détresses. Tout vient s’y précipiter. Christophe Otzenberger s’installe dans ce service où médecins, internes et infirmières mènent une danse exténuante, parfois contre la mort. Son regard se pose sur l’exercice de cette médecine, ses insuffisances et ses coups de cafard, son humour et sa fatalité. Ainsi que sur le pouvoir médical, encore plus sensible ici qu’ailleurs.

Et si on se passait de patrons ?

(Et si on se passait de patrons?)

En Wallonie en 78, plusieurs entreprises travaillent sans patrons : le film ravive les souvenirs de l’occupation de l’usine ainsi que des scènes quotidiennes de travail et des interviews.

Charbons ardents

Jean-Michel Carré, FR, 1998

En avril 1994, épuisés par une lutte acharnée contre le gouvernement conservateur de Margareth Thatcher, les mineurs de "Tower Colliery", propriété nationale de la British Coal (au pays de Galles), votent la fermeture de leur mine comme beaucoup d’autres. Mais leurs dirigeants syndicaux refusent d’accepter cette défaite et réussissent à convaincre les mineurs de racheter "leur mine" en réinvestissant leurs indemnités de licenciement.
Depuis maintenant quatre ans, ces travailleurs sont actionnaires, employés et dirigeants de leur entreprise organisée en coopérative. Résultat : la mine n’a jamais été aussi rentable, l’absentéisme aussi faible et la sécurité si importante.
En tentant de réaliser leur rêve de socialisme et de démocratie, ces patrons d’un autre genre sont confrontés à des contradictions politiques et surtout idéologiques. Une telle réussite peut-elle rester compatible avec leur idéal ?
Ce film, plein d’espoir, retrace cette aventure exemplaire, menée par des hommes et des femmes ordinaires.

La tombe

Louis Volont, Belgique, 1999

« La Tombe » est un cimetière improvisé dédié à la mémoire des ouvriers de la sidérurgie wallonne disparus au travail. Louis Volont, étudiant cinéaste, mène l’enquête et part à la recherche de ce lieu emblématique.

Un film de fin d’étude réalisé au sein de l’IAD.

Lire la critique de Philippe Deprez sur Cinergie.be

Pour que la guerre s’achève, les murs devaient s’écrouler

(Pour que la guerre s'achève, les murs devaient s'écrouler)

Dans ce documentaire, Edmond témoigne de ce que l’aventure d’un journal clandestin lui a apporté personnellement ainsi qu’aux collègues qui sont devenus ses amis. Ce film nous montre que le but manifeste de la mobilisation sociale n’est pas aussi important que la modification que cet engagement a effectuée chez cet homme. Ce qui lui reste de ces années, c’est la richesse intérieure qu’il a accumulée à travers sa lutte plutôt que la réalisation de ce qui était visée par celle-ci. L’utopie n’est pas tellement importante pour ce qu’elle promet dans le futur et qui ne sera probablement jamais réalisé, mais pour ce qu’elle porte en elle de potentialité de transformation subjective.

La Briqueterie

(Klinkaart )
Paul Meyer, Belgique, 1956

Ce magnifique court-métrage de Paul Meyer est une fiction d’inspiration documentaire, adaptée d’une nouvelle de Piet Van Aken et tournée avec pour interprètes les ouvrières et ouvriers des Briqueteries du Rupel. Nous sommes dans les dernières années du XIXe siècle. Une petite fille de treize ans va, pour la première fois, se rendre au travail. Son père, sa sœur connaissent déjà le dur métier de la briqueterie. Les prestations journalières sont interminables. Les conditions de travail affreuses. Si elle sait déjà que l’on exigera beaucoup de ses faibles forces, la petite fille ignore cependant l’essentiel de ce qui l’attend. Et sa sœur n’ose pas lui révéler la vérité.

Prix du Festival International du Travail, Vienne, 1957. Prix du "Most outstanding film of the year", Festival de Londres, 1958.

Les ouvriers quittent l’usine

(Arbeiter verlassen die Fabrik)
Harun Farocki, DE, 1995

Harun Farocki commémore par un constat le premier siècle d’existence du septième art : le travail n’intéresse pas le cinéma. En cent ans, un motif se répète de film en film, des Lumière à Lang, en passant par Siodmak et Antonioni, et jusqu’aux actualités récentes : la sortie des travailleurs de l’enceinte de l’entreprise. La sortie ou plutôt l’échappée, la fuite, car les foules se pressent hors de l’usine pour regagner une vie qui n’attend que leur retour pour reprendre son cours… de même que le film qui ne démarre qu’une fois retrouvé leur statut d’individus particuliers.

La boucane

Jean Gaumy, FR, 1984

"La Boucane" est une usine de conserverie de poissons à Fécamp où l’on fume des harengs. Ce fut là aussi le premier sujet de photographies de Jean Gaumy, photographe à Magnum, auteur de reportages sur les prisons, les hôpitaux, la pêche. Jean Gaumy est revenu aujourd’hui sur le même sujet, avec les photos prises il y a dix ans et un nouvel œil, une caméra à la main. Il en tire un premier film, un court métrage en couleurs d’un peu moins d’une heure, impressionnant.
Dans la boucane, ce sont des femmes qui filètent les poissons, travail pénible, dur, sale, répétitif. Certaines font ce travail depuis plus de vingt-cinq ans, toujours les mêmes gestes : découper la tête et la queue par deux coups de couteaux latéraux, ouvrir le poisson, retrier les filets et les jeter dans des bacs... Elles sont autour d’une grande table, face les unes aux autres. Tout en découpant les poissons, tout en n’arrêtant pas, elles peuvent causer entre elles. Ces femmes sont de tous âges, toutes débordent d’enthousiasme, d’un entrain quasi obscène tant il jure avec la saleté, les blessures et la semi-obscurité de ce travail.
La caméra de Jean Gaumy va des unes aux autres, s’arrête sur chaque ouvrière, le temps d’en faire le portrait, abandonne les cadres fonctionnels du travail pour filmer les émotions des visages, la coquetterie, la sensualité à fleur de peau de ces femmes." (Yann Lardeau, Les Cahiers du cinéma.)

La candidate

Laurent Salters, FR, 1997

Jeanine, directrice financière âgée de 51 ans, vient de perdre son emploi. Elle a beaucoup de mal à accepter cette nouvelle situation, et les conseils que lui donne la consultante de son cabinet de placement ne semblent pas la convaincre.

Tout doit disparaître

Jean-Marc Moutout, FR, 1996

A Paris, des travailleurs temporaires attendent un éventuel emploi. Parmi eux, deux novices, Jean-Pierre et Théo. Ils se retrouvent en banlieue pour effectuer un déménagement ordinaire.

L’orchestre souterrain

Heddy Honigmann, NL, 1997

Ce film consacré à des musiciens en exil à Paris pourrait être misérabiliste, il est joyeux au contraire, en raison de la qualité des interprètes. Ce ne sont pas seulement d’authentiques musiciens dont nous admirons le talent, ce sont aussi des personnages hors du commun, forgés par les épreuves. Ils viennent d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, d’Europe centrale. Une guerre, un coup d’Etat, une conviction idéologique, les ont jetés hors de chez eux et la plupart sont dans l’incapacité d’y rentrer. Ils connaissent la dure loi de l’exil et s’y soumettent sans broncher. C’est avec le sourire qu’ils nous livrent des lambeaux de leur histoire dont nous devinons qu’elle fut terrible. Ils ne s’apesantissent pas, ils préfèrent jouer. Ils descendent dans le métro, ils trimballent leurs instruments dans les rues de Paris qu’ils nous font redécouvrir. La musique les fait survivre. L’amour de la musique les habite et les sauve du désespoir. Les rencontrer est un cadeau que nous n’oublierons pas.

Harlan County USA

Barbara Kopple, Etat-Unis, 1976

Magnifique film documentaire sur les treize mois de grève des employés d’une petite mine des Etats-Unis, l’Eastover Mining de Brookside, en 1973. Ils sont bientôt rejoints dans leur action par leurs femmes, sœurs et filles qui apportent un nouvel espoir et de nouvelles tactiques à leur mouvement et posent le problème de la violence.

Oscar du meilleur documentaire en 1977.