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Regards sur le Travail - Edition 13 8 février 2011 - 20 mars 2011

Le travail révélé – Image documentaire et réalités professionnelles

Le 50ème anniversaire des grandes grèves de l’hiver 1960 ravive notre souvenir de la force mobilisatrice des combats collectifs. Si loin, si proche, c’est précisement la question des rapports de force et des différentes dynamiques du dialogue social que nous retrouvons comme fil directeur d’une programmation brassant près de quarante ans de cinéma documentaire.

Dans cette perspective Entre nos mains, de Mariana Otero, conte la lutte de femmes déterminées, prêtes à investir ensemble dans la reprise de leur usine de textile en coopérative et ainsi s’engager pour la sauvegarde de leurs emplois.

Trois thèmes-clé des relations collectives du travail contemporain furent également abordées : la place faite aux travailleurs immigrés dans nos sociétés (Les hommes debout), les conflits et concertations sociales (Tant que chanteront les constructeurs de navire), ou encore la valorisation de la mémoire ouvrière (à l’occasion d’une table ronde sur le rôle de l’archive et son utilisation dans le cinéma documentaire contemporain).

« Regards sur le travail » c’est aussi des projections de films de patrimoine à la Cinematek. En 2011, le programme établi allait de paire avec un colloque sur les grèves générales organisé par le Centre d’histoire et de sociologie des gauches (CHSG) et l’Institut Marcel Liebman à l’Université Libre de Bruxelles (ULB). Nous vous avons proposé un saut dans le temps, au tournant des années 70, en compagnie de cinéastes posant un regard sur des mouvements de grève interprofessionnels au contenu idéologique opposé : William Klein en Mai 1968, témoin engagé d’une France joyeusement étonnée de son audacieuse résistance à un ordre trop établi et Patricio Guzmán filmant à l’inverse un Chili en proie au doute, paralysé par des grèves intersectorielles soutenues, encouragées, par un patronat bien décidé à stopper la politique de nationalisation mise en place par Salvador Allende. Cette double programmation fut accompagnée d’une rencontre avec Armand Mattelart autour de son film La spirale, impressionnant montage d’archives audiovisuelles mettant en évidence les stratégies des droits chiliennes pour barrer la route au gouvernement d’Unité Populaire.

Pour le dépliant Regards sur le travail 2011 cliquez ici : :

PDF - 338.5 ko
Programme "Regards sur le travail" - 2011
8 février Film : La spirale 8 février
20h00 , Centre culturel Espace Delvaux ( Voir les accès et tarif )

Projection en présence du réalisateur Armand Mattelart.

La spirale

Réalisé entre 1974 et 1975 sur base d’images d’actualités et documentaires filmés par différents opérateurs entre 1970 et 1973 au Chili, La Spirale revient sur les stratégies des droites chiliennes et de leurs alliés pour empêcher la victoire de Salvador Allende aux élections présidentielles du 4 septembre 1970, puis pour déstabiliser le pays et le gouvernement d’Unité Populaire, jusqu’au 11 septembre 1973. « Le projet du film était de donner à voir comment les divers acteurs qui composent le front uni des droites se découvrent une « ligne de masse » et appliquent pour leur compte les enseignements de Lénine : sabotage de la production, grève générale, occupations d’édifice, manifestations de rue, etc. Comment ils réinvestissent dans ce mode d’opposition les ressorts des représentations sociales et culturelles accumulées tout au long de l’histoire de leur hégémonie » (Armand Mattelart). Le film a bénéficié une solidarité de production, de Chris Marker pour le texte, à Jean Claude Eloy pour la musique ou encore Jean Michel Folon pour des séquences animées.

10 février Film : Grands soirs, petits matins 10 février
19h00 , Cinematek ( Voir les accès et tarif )

Film introduit par Michelle Zancarini, professeur émérite à l’Université de Lyon, et spécialiste d’histoire sociale du temps présent.

Grands soirs, petits matins

William Klein , France, 1978

Le mois de mai 1968, saisi par le photographe américain William Klein, alors établi à Paris. Des premiers meetings à la Sorbonne au rejet des accords de Grenelle par les ouvriers des usines Renault, en passant par les allocutions télévisées du président de Gaulle, la caméra de William Klein se porte dans la rue, tout près des manifestants, enregistrant les débats sur le vif et au jour le jour.

11 février Film : La bataille du Chili I : L’insurrection de la bourgeoisie 11 février
19h00 , Cinematek ( Voir les accès et tarif )

Film introduit par Jorge Magasich, historien et professeur à l’IHECS.

La bataille du Chili I : L’insurrection de la bourgeoisie

(La bataille du Chili I : L’insurrection de la bourgeoisie)
Patricio Guzmán, Cuba, Chili, 1975

Au Chili, les élections législatives de 1973 voient s’affronter l’Unité Populaire, rassemblée autour du président Salvador Allende, et une coalition de centre et de droite, formé notamment par le parti démocrate chrétien et le parti national. Ces derniers sont donnés gagnants par les médias ; les résultats définitifs donnent tort aux pronostics et l’opposition, criant à la fraude, multiplie manifestations et grèves dans les secteurs en cours de nationalisation pour faire pression sur le gouvernement.

27 février Film : Entre nos mains 27 février
20h00 , Cinéma Arenberg ( Voir les accès et tarif )

Projection suivie d’une rencontre avec la réalisatrice Mariana Otero.

Entre nos mains

Mariana Otero, France, 2010

En 2009, près d’Orléans, une fabrique de lingerie féminine, Starissima, vient de faire faillite. Entre le dépôt de bilan et une éventuelle liquidation de l’entreprise prononcée par le tribunal, les employées ont six mois pour tenter de la racheter elles-mêmes et la transformer en société coopérative ouvrière de production (SCOP). Au gré des épreuves et des rebondissements, elles découvrent avec bonheur et humour la force du collectif, de la solidarité et une nouvelle liberté.

4 mars Film : Les larmes de l’émigration 4 mars
20h00 , Espace Magh ( Voir les accès et tarif )

Les larmes de l’émigration

(Les larmes de l'émigration)
Alassane Diago, Sénégal, France, 2009

Un changement de perspective dans cette programmation sur le travail : le regard du fils d’un travailleur émigré sur ceux qui restent au pays. Alassane Diago raconte l’histoire de sa mère qui attend son mari, parti il y a plus de vingt ans. Il raconte aussi l’histoire de sa soeur qui attend son mari aussi, depuis cinq ans. Le réalisateur s’interroge et interroge de bien soucieux chemins de vie.
2010 : Prix du public – meilleur documentaire au FIFF de Namur, et meilleur documentaire à la Muestra de Cinéma Africa de Tarifa

11 mars Film : Etranges Etrangers 11 mars
18h30 , Centre culturel Espace Delvaux ( Voir les accès et tarif )

Etranges Etrangers

Dans la nuit du 31 décembre 1969 au 1er janvier 1970, cinq travailleurs noirs meurent asphyxiés dans un foyer à Aubervilliers. Dans le contexte de l’après-68, ce drame va connaître un retentissement national, à la fois politique et médiatique. Marcel Trillat et Frédéric Variot réalisent alors "Étranges étrangers", un documentaire qui montre sans fard les bidonvilles et taudis d’Aubervilliers et Saint-Denis.

Film : Les hommes debout 11 mars
20h00 , Centre culturel Espace Delvaux ( Voir les accès et tarif )

Rencontre débat à l’issue de la projection avec Jeremy Gravayat, Catherine Legoff et Andrea Rea, professeur de sociologie à l’ULB et spécialiste des questions liées à l’immigration et à la condition sociale.

Les hommes debout

Jeremy Gravayat, France, 2010

Histoires fragmentaires, réelles ou imaginées, de trois personnages ayant vécu et travaillé dans un ancien quartier populaire et industriel de Lyon. “Traverser les ruines de l’usine, se souvenir des gestes répétés. Entendre les voix des ouvriers rassemblés dans la cour et le silence des machines arrêtées. Parcourir la ville dans la boue des chantiers, partir à la recherche d’un travail. Frapper la pierre et la brique, regarder les choses lentement s’effondrer. Repérer les lieux, s’y introduire, changer les serrures et raccorder l’électricité. Se rassembler dans la nuit, allumer un feu, construire de nouveaux abris. Raconter toujours la même histoire : celle qui fait tenir les hommes debout.” (Jeremy Gravayat)

12 mars Film : Champagne ! – 1829-1969 (Tant que chanteront les constructeurs de navire I) 12 mars
14h00 , Centre culturel Espace Delvaux ( Voir les accès et tarif )

Tant que chanteront les constructeurs de navire (Champagne ! – 1829-1969)

(Zolang er scheepsbouwers zingen (Champagne ! - 1829-1969))
Jan Vromman, Belgique, 1999

"1995 : l’entreprise flamande Boelwerf est occupée, le glas sonne pour ce chantier naval. La constatation chargée d’émotion contraste avec l’histoire de la croissance et de l’épanouissement de la société. Au tournant de 1900, le tonnage des bateaux explose et les embarcations en bois deviennent des navires-citernes à gaz ultra modernes. Le nombre de salariés augmente tout au long de la 1ère moitié du 20ème siècle et il finira par y en avoir plus de 3.000. Sur le chantier, les vaisseaux grandissent, de la quille au nid-de-pie, de la proue à la poupe » (Jan Vromman).

Table ronde : l’utilisation des archives dans le cinéma documentaire 12 mars
16h00 , Centre culturel Espace Delvaux ( Voir les accès et tarif )

Table ronde en présence de Jérémy Gravayat (cinéaste), Jan Vromman (cinéaste), Matthias Steinle (professeur de cinéma et histoire à Paris III), André Dartevelle (membre du comité belge de la Scam et animateur du comité de préservation des archives de la télévision publique), Yaël André (cinéaste) et Eric Loze (responsable éditorial à la Sonuma, entreprise chargée de la commercialisation des archives de la RTBF).

Les systèmes d’écriture qui interrogent le film comme lieu de mémoire sont multiples et démontrent souvent la force créatrice des auteurs documentaires pour mettre en perspective les sources cinématographiques. Ici, un film de montage composé uniquement d’images tournés par d’autres (La spirale), et fruit d’une recherche avancée dans les lieux ressources (cinémathèques, télévisions, archives privées…), là, des inserts d’images du passé dans des documentaires contemporains (Tant que chanteront les constructeurs de navire), des extraits de fiction chez Marcel Ophuls, ou encore la re-création de l’imaginaire d’une époque (Les hommes debout).

Force créatrice néanmoins parfois imposée par des problématiques bien pragmatiques. Sur la seule thématique des archives cinématographiques liées au travail, la multiplicité des sources et lieux de dépôt en Belgique (TV, fonds de production des syndicats et partis politiques, fonds privés etc.), et la difficulté à y avoir accès (par manque d’information sur les ressources disponibles ou encore pour des raisons budgétaires), ne facilitent pas l’intégration des images d’hier dans les documentaires d’aujourd’hui, et ces derniers, de fait, ne rendent que peu compte de la richesse du patrimoine audiovisuel pour ce secteur d’activité.

La table ronde sur l’utilisation des archives liées au travail dans le cinéma documentaire est l’occasion de réfléchir ensemble à leur valorisation, et ouvrir ainsi de nouvelles perspectives d’exploitation des images du passé, en compagnie de réalisateurs venus parler de leurs pratiques liées à l’utilisation des archives, Matthias Steinle, spécialiste des questions liées à l’usage de ces sources filmiques, et Eric Loze, responsable éditorial à la Sonuma.

Film : Ivresse – 1969-1986 (Tant que chanteront les constructeurs de navire II) 12 mars
18h00 , Centre culturel Espace Delvaux ( Voir les accès et tarif )

Tant que chanteront les constructeurs de navire (Ivresse – 1969-1986)

(Zolang er scheepsbouwers zingen (Roes 1969-1986))
Jan Vromman, Belgique, 1999

« Ce sont des années merveilleuses, un monde équitable où tout serait possible, d’autres rapports sociaux notamment…L’ouvrier conscientisé ne s’oppose pas seulement au patron pour défendre ses droits mais des tensions existent aussi avec les représentants officiels des syndicats. Mais le syndicalisme de combat devient un syndicalisme de concertation. En même temps, l’entreprise entre dans la tourmente » (Jan Vromman).

Film : Gueule de bois – 1986-1997 (Tant que chanteront les constructeurs de navire III) 12 mars
20h00 , Centre culturel Espace Delvaux ( Voir les accès et tarif )

Rencontre débat à l’issue de la projection sur les dynamiques de la concertation sociale. Avec Jan Vromman, Mateo Alaluf (sociologue spécialiste des questions liées à l’emploi, et professeur à l’ULB), Philippe van Muylder (secrétaire général de la FGTB Bruxelles) et Rik Hemmerijckx (Docteur en histoire à la Vrije Universiteit Brussel).

Tant que chanteront les constructeurs de navire (Gueule de bois – 1986-1997)

(Zolang er scheepsbouwers zingen (Zware Kop - 1986-1997))
Jan Vromman, Belgique, 1999
18 mars Film : Des terrils et des Turcs 11 mars
18h00 , Centre culturel Espace Delvaux ( Voir les accès et tarif )

Des terrils et des Turcs

Jean-Michel Barjol, Belgique, France, 1967

Le film se veut un instantané de la vie à l’ombre des terrils des immigrés turcs venus travailler en Belgique dans les années soixante. Produit à l’époque en collaboration avec l’institut de sociologie de l’ULB et le ministère du travail, il nous livre un passionnant témoignage sur les conditions de vie des travailleurs étrangers dans les régions minières, et aussi du regard alors posé sur eux par leur pays d’accueil, relevant avec une bienveillance toute paternelle l’insolite de leurs pratiques culturelles.

20 mars Film : Dame, poussières 11 mars
20h00 , Centre culturel Espace Delvaux ( Voir les accès et tarif )

Dame, poussières

Catherine Legoff, Belgique, 2010

Une femme de ménage maghrébine évoque le souvenir et la force d’une vieille dame tchèque dont elle s’occupait. Un témoignage simple et touchant, soulignée par l’animation sensible de Catherine Le Goff.

Une animation documentaire réalisée au sein de l’atelier Graphoui.

Film à la télé : Avec Odie, Dame, poussière et Avant que les murs tombent 20 mars
20h00 ,

Télé Bruxelles / Sur les Docs. Une émission consacrée au film documentaire proposée par le Centre Vidéo de Bruxelles.

Avec Odie

Célia Dessardo, Belgique, 2007

Odie travaille dans le vestiaire d’un centre d’hébergement d’urgence à Bruxelles. Elle est chargée de donner des vêtements aux sans-abri. Dans les mains d’Odie, l’habit, dont la fonction urgente est la survie, prend une allure sacrée. Avec attention et retenue, elle accompagne les besoins et les envies des sans-abri.

Avant que les murs tombent

Eve Duchemin, Pays-Bas, Belgique, 2008

Colin vit avec sa mère dans une maison insalubre près de Charleroi. Face à la misère, il écrit avec ses potes dans sa chambre, devenue pour l’occasion une "maison de jeunes" improvisée. Du rap comme exutoire et comme nécessité de parler et faire parler d’une pauvreté de voisinage qu’on s’efforce de ne pas regarder. Tant que cette maison résiste, ils ne traîneront pas dehors. Tant qu’ils écrivent, ensemble, ils ne tomberont pas.

Dame, poussières

Catherine Legoff, Belgique, 2010

Une femme de ménage maghrébine évoque le souvenir et la force d’une vieille dame tchèque dont elle s’occupait. Un témoignage simple et touchant, soulignée par l’animation sensible de Catherine Le Goff.

Une animation documentaire réalisée au sein de l’atelier Graphoui.